Il existe maintenant un indicateur avancé des outils et usages qui seront déployés demain dans toutes les entreprises : il a pour nom... le grand public.
«Consumerization of IT»
Entre
1980 et 1995, les outils informatiques mis à la disposition de leurs
collaborateurs par les entreprises étaient, dans la majorité des cas,
plus avancés que ceux dont ils disposaient chez eux.
Depuis
le début des années 2000, ce mouvement c’est accéléré et, aujourd’hui,
la majorité des personnes ont, à leur domicile et avec elles, des outils
informatiques plus performants que ceux qu’elles trouvent en poussant
la porte de leur bureau.
Au
lieu de se lamenter devant cette situation, je propose au contraire de
«positiver» et de s’en servir comme d’un moyen simple
permettant d’anticiper quelles seront les technologies qui seront déployées dans les entreprises.
- Les innovateurs :
ils sont à l’affut de toute nouveauté et acceptent les imperfections
initiales des outils. Ils sont capables de faire la queue devant une
boutique Apple pendant 24 h pour être les premiers à acheter un iPhone5
ou une tablette iPad2. Ils sont moins nombreux devant une boutique qui
commerciale le dernier Windows Phone !
- Les premiers à adopter : ils n’hésitent pas à choisir une technologie émergente, même si elle est encore imparfaite, en version ß.
- La majorité initiale : convaincus par les premiers utilisateurs, ils vont trouver normal de déployer des outils qui ont déjà fait leurs preuves.
- Les traînards : ils se font une gloire d’être les derniers à adopter les nouveaux outils.
L’hypothèse faite dans ce texte est qu’il existe un décalage important entre les courbes de Gauss grand public et professionnel.
Ces courbes de Gauss sont trop souvent utilisées uniquement pour anticiper l’arrivée de nouveaux outils. Elles ont, à mon avis, un rôle au moins aussi important pour prévoir... l’abandon des outils existants.
Ce dernier point est capital dans le monde des entreprises au vu de la difficulté qu’elles ont à abandonner une solution installée, stable et bien maîtrisée en interne.
Ce dernier point est capital dans le monde des entreprises au vu de la difficulté qu’elles ont à abandonner une solution installée, stable et bien maîtrisée en interne.
Regardons successivement ces deux cas de figure.
Anticiper l’arrivée des nouvelles technologies
Postes
de travail mobiles, réseaux LTE très haut débit, serveurs dans le
nuage, réseaux sociaux d’entreprise, SaaS... Nous vivons une époque
formidable en termes d’innovation.
Je constate avec plaisir que le délai qui sépare l’arrivée d’une nouvelle technologie dans le grand public et l’entreprise a tendance à se réduire.
Anticiper la mort des technologies existantes
Réseaux
X25, PC Windows et suites bureautiques obèses, applications en mode
client/serveur, schémas directeurs à 5 ans... la liste est longue des
antiquités dont il devient urgent de se séparer.
Autant je suis heureux de voir les nouvelles technologies acceptées de plus en plus vite par les entreprises, autant je suis inquiet quand je vois à quel point la longévité des technologies obsolètes a tendance à s’accroître.
J’ai
fait un cauchemar cette nuit : je voyais en 2015 des «traînards», au
sens de la courbe de Gauss, qui continuaient à gérer eux-mêmes leurs
serveurs de messagerie !
La deuxième partie de cette analyse sera consacrée aux Infrastructures et la troisième partie aux usages.